Commencer sa généalogie en France : l’état civil depuis 1792, les registres paroissiaux, les archives départementales en ligne et les délais de communication
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La France est un pays particulièrement favorable à la généalogie : depuis plusieurs siècles, baptêmes, mariages et sépultures, puis naissances, mariages et décès, sont enregistrés dans chaque commune, et la plupart des archives départementales ont mis en ligne gratuitement une grande partie de ces registres. Avec un peu de méthode, on peut souvent remonter jusqu’au XVIIe siècle, parfois au-delà.
Partir de soi et de sa famille
Commencez par ce que vous savez : vous, vos parents, vos grands-parents, avec dates et lieux de naissance, de mariage et de décès.
Interrogez les plus âgés de la famille et notez précisément leurs souvenirs, avec la date de l’entretien.
Rassemblez les papiers de famille : livrets de famille, faire-part, actes notariés, photos annotées, papiers militaires.
Le livret de famille est précieux : il donne les dates et lieux exacts qui permettent ensuite de chercher les actes.
L’état civil depuis 1792
Depuis 1792, les naissances, mariages et décès sont enregistrés par les mairies. Chaque acte existe en deux exemplaires : l’un en mairie, l’autre aujourd’hui conservé aux archives départementales, pour les actes anciens.
Les actes de mariage sont souvent les plus riches : ils indiquent les parents des époux, leurs professions, leurs domiciles et les témoins.
Les tables décennales récapitulent les actes d’une commune par période de dix ans et aident à trouver rapidement une date.
Pour les actes récents, ce sont les délais de communication qui comptent (voir plus bas).
Avant la Révolution : les registres paroissiaux
Avant 1792, ce sont les curés qui tenaient les registres de baptêmes, mariages et sépultures.
L’écriture ancienne et les abréviations demandent un peu d’entraînement. Des guides de paléographie en ligne et des forums d’entraide aident à déchiffrer.
Certains registres sont lacunaires, abîmés ou ont disparu. Dans le Sud et dans certaines régions, vous trouverez aussi des actes en latin ou en occitan.
Les archives départementales en ligne
Chaque département a son service d’archives, presque tous avec un site où l’on consulte les registres numérisés gratuitement.
Cherchez par commune, puis par période et par type d’acte.
Notez la cote et la vue de chaque acte trouvé : cela vous permettra de le retrouver et de citer votre source.
D’autres fonds sont souvent en ligne : recensements de population, registres matricules militaires, cadastre napoléonien.
Les délais de communication
Les actes de décès sont communicables librement.
Les actes de naissance et de mariage sont librement communicables au bout de 75 ans, ou 25 ans après le décès de la personne concernée si ce délai est plus court.
Avant ce délai, vous pouvez obtenir une copie intégrale de votre propre acte, de celui de vos parents, grands-parents, enfants ou conjoint, en le demandant à la mairie du lieu de l’événement. Pour les autres, on obtient en général un extrait sans filiation.
Ces règles peuvent évoluer : vérifiez sur service-public.fr ou auprès des archives.
Les outils
Un logiciel de généalogie ou un site d’arbre en ligne permet de saisir les personnes, les sources et les liens.
Les relevés collaboratifs réalisés par des cercles et associations de généalogie font gagner un temps considérable : ils indexent des millions d’actes. Mais vérifiez toujours l’acte original.
Les cercles généalogiques départementaux organisent aussi des permanences et de l’entraide, utiles quand on bute sur un ancêtre.
Les pièges classiques
Les homonymes : deux Jean Martin nés la même année dans le même canton, c’est fréquent. Croisez plusieurs actes avant de conclure.
L’orthographe des noms varie beaucoup d’un acte à l’autre, surtout avant le XIXe siècle.
Les âges déclarés dans les actes de décès sont souvent approximatifs.
Ne recopiez pas un arbre trouvé en ligne sans vérifier ses sources : une erreur se propage vite.
Et n’oubliez pas de noter les histoires, pas seulement les dates : métiers, migrations, guerres. C’est ce qui donne vie à un arbre.