Découvrir la musique traditionnelle coréenne : gugak, pansori, samulnori, les instruments et où l'écouter
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Derrière la K-pop, la Corée possède une musique traditionnelle d'une grande richesse, le gugak (littéralement « musique nationale »). Plusieurs de ses formes sont inscrites au patrimoine culturel immatériel de l'UNESCO. Voici quelques repères pour la découvrir.
1. Deux grandes familles
La musique de cour et des lettrés (jeongak) : lente, solennelle, raffinée, jouée lors des cérémonies royales et dans les cercles aristocratiques. Le Jongmyo jeryeak, musique du rituel ancestral royal au sanctuaire de Jongmyo à Séoul, en est l'exemple le plus célèbre ; il a été reconnu par l'UNESCO.
La musique populaire (minsogak) : plus libre et plus expressive, elle comprend les chants populaires, le pansori, le sanjo et les musiques de percussions des fêtes de village.
2. Le pansori
Le pansori est un art du récit chanté : un seul chanteur ou une seule chanteuse, accompagné d'un joueur de tambour (buk), raconte une longue histoire en alternant chant, narration parlée et gestes, avec un éventail à la main.
Une représentation complète peut durer plusieurs heures. Le joueur de tambour et le public encouragent le chanteur par des exclamations appelées chuimsae, comme « eolsigu ! » ou « jota ! ».
La voix est rauque et puissante, travaillée pendant des années. Le pansori a été proclamé chef-d'œuvre du patrimoine oral et immatériel de l'humanité par l'UNESCO.
3. Le samulnori
Le samulnori est un genre de percussions né à la fin des années 1970, à partir des musiques paysannes (pungmul). Il réunit quatre instruments :
le kkwaenggwari, petit gong métallique au son aigu, qui mène le groupe ;
le jing, grand gong au son profond ;
le janggu, tambour en forme de sablier, frappé des deux côtés ;
le buk, tambour en tonneau.
Ses rythmes sont entraînants et spectaculaires ; on l'entend souvent lors des festivals et des spectacles pour visiteurs.
4. Les instruments à découvrir
Le gayageum : cithare à douze cordes en soie que l'on pince, au son doux et délicat. Il existe aujourd'hui des versions modernes avec davantage de cordes.
Le geomungo : cithare aux cordes frappées avec une baguette de bambou, au son grave.
Le haegeum : vièle à deux cordes jouée à l'archet, dont le son rappelle parfois une voix.
Le daegeum : grande flûte traversière en bambou, à la sonorité caractéristique grâce à une membrane qui vibre.
Le piri : petit hautbois au son puissant.
5. Arirang
L'« Arirang » est la chanson populaire la plus connue de Corée, existant en d'innombrables versions régionales. Elle est souvent considérée comme un symbole de l'identité coréenne, au Nord comme au Sud, et figure également sur les listes de l'UNESCO.
6. Où écouter du gugak
À Séoul, le Centre national du gugak propose régulièrement des concerts, dont des programmes destinés au grand public ; consultez son site pour les dates.
Des représentations ont aussi lieu dans les palais, lors des cérémonies au sanctuaire de Jongmyo et lors de nombreux festivals.
Pour découvrir depuis l'Europe : les centres culturels coréens organisent souvent des concerts et des ateliers, et de nombreux enregistrements sont disponibles en ligne.
Des artistes contemporains mélangent le gugak avec la pop, le rock ou l'électro, une bonne porte d'entrée pour les oreilles occidentales.
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